Actualité économique

vendredi 25 mai 2012 - 22:10


Devises : l'euro tombe au plus bas depuis l'été 2010

 

Devises : l'euro tombe au plus bas depuis l'été 2010 - Trading - Finance - Actions sur Trader-Finance.fr


L'euro a touché un point bas depuis l'été 2010 ce vendredi, depuis 22 mois exactement, sous les 1,25, à 1,2496/$ au plus bas, avant de remonter légèrement à 1,2520/$ ce soir à New-York. La crise financière européenne continue de miner l'ambiance, alors que les nouvelles en provenance de Grèce et d'Espagne restent déprimantes... A l'inverse, le dollar a été soutenu par l'annonce d'un 'indice du sentiment des consommateurs américains pour le mois de mai qui est ressorti à 79,3, contre un consensus de place de 77,7 et un niveau de 77,8 rapporté en début de mois. L'indicateur était situé à 76,4 en avril.

Sur le marché des devises, le débat relancé autour des Eurobonds sur le vieux continent pèse sur la monnaie européenne. Face à ce bras de fer franco-allemand, l'Italie et la BCE sont montées au créneau... Ainsi, le Premier ministre italien Mario Monti a défendu une nouvelle fois l'émission de cette dette commune à la zone Euro, tandis que le président de la BCE, l'Italien Mario Draghi, plus réservé sur le sujet des Eurobonds, a néanmoins appelé les dirigeants de la zone Euro à faire un "saut" vers plus de fédéralisme...

Mario Monti a donc une nouvelle fois apporté son soutien au nouveau président français François Hollande, en estimant que les Euro-obligations pourraient être mises en place rapidement, contrairement aux idées reçues : "l'Italie est très favorable à la création d'euro-obligations quand le moment sera opportun, et nous ne pensons pas que ce moment soit très éloigné !", a déclaré le Premier ministre italien.

Si les actions de la BCE (prêts à 3 ans, rachat d'obligations d'Etats en difficulté) ont "permis de gagner du temps, et d'éviter un effondrement du système bancaire", la vraie solution pour l'Europe passe par davantage d'intégration budgétaire et politique : "Nous sommes arrivés au point où le processus d'intégration européenne a besoin d'un saut courageux d'imagination politique pour survivre", a déclaré le président de la BCE, Mario Draghi. "Il faut que les gouvernements des pays membres de la zone Euro définissent de manière conjointe et irréversible leur vision de ce que sera la construction politique et économique qui soutient la monnaie unique", a-t-il ajouté...

Lors du sommet de mercredi soir, plusieurs pays dont l'Espagne, l'Italie, la Grande-Bretagne et la France ont pressé la BCE de faire davantage pour résoudre la crise de l'Euro, mais l'institut d'émission, soucieux de son indépendance, compte insister en priorité pour que la classe politique prenne ses responsabilités plutôt que de compter à chaque étape de la crise financière sur les actions d'urgence du "pompier de service"...

Quant au patron de la Bundesbank, "croire que les eurobonds résoudront la crise actuelle est une illusion", a prévenu Jens Weidmann dans une interview accordée au journal 'Le Monde'. Ce défenseur de l'orthodoxie monétaire craint en effet un déplacement du débat et rappelle que le premier problème de la zone euro reste l'endettement : "Les pays doivent d'abord regagner la confiance des marchés, retrouver de la crédibilité. Ils doivent mettre en oeuvre les réformes annoncées et non les retarder sans cesse". Car ce sont ces réformes qui créeront ensuite de la croissance, selon Jens Weidmann.

La création des Euro-obligations pourrait donc intervenir dans un deuxième temps, une fois les efforts budgétaires de chacun accomplis. "On ne confie pas sa carte de crédit à quelqu'un si on n'a pas la possibilité de contrôler ses dépenses !", fait-il valoir... Sur ce point, plusieurs dirigeants sont d'accord, à l'image du président du Conseil européen. Herman Van Rompuy a expliqué que ce mécanisme pourrait compléter le fonctionnement de l'Union économique et monétaire, mais dans un avenir lointain.

Mettre en place des Euro-obligations demande par ailleurs un abandon de souveraineté, rappelle le président de la Bundesbank qui s'étonne non sans malice que la France, première à soutenir le projet, n'est pas forcément favorable à ce transfert de pouvoir...

 

 

 

 

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